La disparition programmée des tâches a provoqué un élan d’intelligence collective, des apprentissages multiples depuis 2000, on voit apparaître une économie du partage qui se traduit par une multitude de solutions quotidiennes soutenues par le smartphone, les plateformes collaboratives.
Dans ce cadre, quelle est la place de l’acquisition de nouvelles compétences ? La formation ‘traditionnelle’ a-t-elle encore un sens ?

claudine-pierron
e-learning

Des nouveaux projets apparaissent comme le covoiturage, les échanges de compétences, le partage d’objets. Nous assistons à un mouvement exponentiel du Digital, du Disruptive. Les hackers inventent un nouveau modèle d’activité : le faire (make). Les membres de ces hackerspaces et autres laboratoires de fabrication font du travail une fin en elle-même. Nous traversons une mutation incroyable dans notre façon de travailler et de réfléchir. Le système de formation va être certainement repensé car il doit former des personnes capables de s’adapter en permanence, de suivre, d’accompagner et de piloter le changement. Les savoirs nécessaires pour soutenir l’industrie de demain ne pourront plus être enseignés uniquement à l’école, avant le début de carrière : ils s’acquerront surtout avec l’expérience ».

Ainsi, l’apprentissage permanent va devenir la norme, car l’objectif est de parvenir à répondre à une tendance de fond : l’hybridation des métiers. L’hybridation est le fruit du regroupement de plusieurs métiers classiques, émergents, de l’accélération de la transition numérique, des modèles d’organisation du travail. On va être amené à rencontrer des situations d’apprentissage informel, ou de formation beaucoup plus formelle. Les nouvelles formes de travail se concrétiseront par des nouvelles formes d’apprendre à faire la même chose, mais autrement. Et cette question vient percuter la question de l’expérience, et de la construction de cette expérience, la prise en compte de l’expérience déjà acquise dans ses manières de travailler, au regard des nouvelles normes, des nouvelles règles de travail. Les nouveaux outils tels que les nouvelles technologies de l’information et de la communication vont continuer à bouleverser les façons de travailler, mais aussi parfois les façons d’apprendre [1].

Se former en continu permettra d’ouvrir finalement de nouveaux horizons professionnels et d’élargir les champs des possibles. La formation en continu peut devenir un instrument d’anticipation, d’émancipation, et de développement de parcours professionnels pluridisciplinaires, transverses. Ainsi les transitions professionnelles vont être facilitées par des temps d’itération entre travail et apprentissage, des retours d’expériences, des échanges de pratiques. Ceci permettra de renforcer les connaissances fraichement acquises (Charbonnier 2016) [2]. Ces situations propices aux apprentissages permanents ont un risque de donner une responsabilité forte aux individus et sans soute une non reconnaissance par les organisations de ces savoirs informels qui échappent à la formation traditionnelle. Il s’agit de savoir si ces nouvelles formes d’apprendre ne vont pas favoriser ceux qui savent déjà apprendre à apprendre de ceux qui éprouvent des difficultés à intégrer les objets connectés qui exigent une forte flexibilité cognitive.

[1] Rapport de recherche du centre d’études de l’emploi,n°96,mai 2016

[2] Charbonnier, O. (2016),Comment apprendre à travailler demain ?, Education permanente N°207,P.33.